Le Président de la République adresse un message aux travailleurs algériens à l’occasion de la Fête internationale du travail

(Tiaret, lundi 1er mai 2017)

 

 

Mesdames, Messieurs,

La célébration de la Fête internationale du Travail m’offre l’agréable occasion d’adresser mes chaleureuses félicitations aux travailleurs et aux travailleuses de notre pays. C’est aussi pour moi, l’occasion de m’incliner, une nouvelle fois, au nom du peuple et en mon nom personnel, à la mémoire des Chouhada de la Glorieuse Révolution de Novembre, parmi lesquels furent nombreux nos travailleurs tombés en Algérie ou dans les rangs de notre émigration.

De fait, les travailleurs ont pris une part active à la lutte de libération nationale, pour laquelle ils se sont fortement mobilisés au sein de l’Union générale des travailleurs algériens, dont des dizaines de milliers d’adhérents sont tombés en martyrs pour notre indépendance, parmi eux Aissat Idir, son secrétaire général.

Les travailleurs font d’ailleurs partie des ultimes martyrs de notre indépendance, à l’image de dizaines d’humbles dockers assassinés d’une manière barbare le 2 Mai 1962, après le cessez-le-feu et à la veille de la restauration de notre Etat, par les escadrons de la mort de l’Organisation armée secrète.

Mesdames, Messieurs,

La célébration de la Fête du Travail commémore souvent, à travers le monde, les luttes des travailleurs pour leurs droits, et elle s’accompagne aujourd’hui encore, dans plusieurs pays, de manifestations ou de marches pour revendiquer des droits sociaux. Cela ne fut jamais le cas pour nos travailleurs dans l’Algérie indépendante et cela est dû au statut de partenaires à part entière dévolu à nos travailleurs. En effet, les travailleurs se sont d’emblée mobilisés pour la reconstruction d’une patrie sinistrée par la barbarie coloniale. Année après année, les travailleurs et leurs familles ont bénéficié des fruits du développement du pays, en scolarité, en santé, en logements et autres progrès réalisés.

Parallèlement, les choix sociaux de l’Algérie souveraine ont pris en charge les attentes des travailleurs, en matière de rémunération, de protection et d’autres droits sociaux, et les Organisations internationales du travail sont là pour en témoigner. Ces mêmes organisations internationales témoigneront aussi que, dès l’indépendance, notre législation a instauré l’égalité salariale entre travailleurs et travailleuses, un acquis dans notre pays qui demeure encore un objectif dans plusieurs pays développés. Confrontés à la crise économique qui a frappé le pays dans les années 1990 du fait de la chute des prix des hydrocarbures, les travailleurs, le patronat et le gouvernement ont solidairement fait face à cette situation difficile, par la voie du dialogue, de la concertation et de la négociation au sein de la Tripartite, qui est un modèle salué mondialement par l’Organisation internationale du Travail.

Je rends hommage aujourd’hui, encore à nos travailleurs algériens pour l’esprit de sacrifice avec lequel ils ont résisté durant la Tragédie nationale, face à la barbarie du terrorisme destructeur qui a détruit des dizaines d’usines et fauché des centaines de martyrs du devoir national dans les rangs de la classe ouvrière, parmi eux, le chahid Abdelhak Benhamouda, secrétaire général de l’UGTA. Je salue également nos travailleurs pour l’esprit patriotique avec lequel ils ont vécu les mesures socialement douloureuses imposées à notre pays par le programme d’ajustement structurel. Ces sacrifices restent inscrits à la gloire de nos travailleurs qui ont eu la satisfaction de voir leurs droits sociaux respectés et consacrés de nouveau dans la paix restaurée et dans le développement relancé. En effet, le système des conventions de branches, les évolutions du salaire minimum garanti, la révision du statut général de la Fonction publique ainsi que sa grille salariale, les avancées enregistrées par la médecine du travail, et tant d’autres progrès survenus au bénéfice de nos travailleurs et de nos retraités, sont de surcroît les fruits du dialogue et de la concertation dans le cadre de la Tripartite qui vient de tenir avec succès, sa 20e session, le mois dernier à Annaba.

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais saluer le choix fait par l’Union générale des travailleurs algériens de célébrer cette année la Fête du Travail, dans la ville de Tiaret. Cette ville a été un haut lieu du Mouvement national. Elle a donné aussi son propre cortège de grands dirigeants et de glorieux martyrs de la Révolution de Novembre.

Tiaret est également un symbole de l’Algérie renaissante qui avance sur la voie du développement et du bien-être. En effet, comme les autres contrées de notre pays, la Wilaya de Tiaret a bénéficié de son lot de réalisations publiques dans tous les domaines du développement humain, même si, sans doute, les demandes ne sont pas totalement satisfaites encore, comme dans le reste du territoire national. Mais c’est en matière de développement économique que Tiaret est un exemple des avancées réalisées ces dernières années, tout comme cette contrée est un motif de validation de nos espérances nationales en ce qui concerne la croissance et le développement. De fait, la mise en valeur par nos paysans des terres généreuses de la wilaya de Tiaret apporte le témoignage de la pertinence du programme national de soutien à l’agriculture que j’ai annoncé à Biskra en février 2009, et dont le gouvernement doit préserver le contenu, en dépit des contraintes budgétaires, pour ne pas remettre en cause le renouveau agricole en expansion dans tout le pays.

Mieux encore, Tiaret est également devenue une nouvelle citadelle industrielle, grâce à la conjonction des capacités du secteur public économique, de la puissance publique représentée par l’Armée nationale populaire ainsi que des partenaires étrangers de grandes références. D’ailleurs, le pôle mécanique de Bouchekif se développera davantage grâce à l’apport d’autres partenariats conclus et parfois même déjà lancés, par des investisseurs privés nationaux avec des partenaires étrangers. En outre, Tiaret sera renforcée, à court terme, par l’apport d’une raffinerie d’hydrocarbures. Toutes ces réalisations rentabiliseront davantage l’important réseau d’infrastructures routières et ferroviaires qui débouchent dans la wilaya de Tiaret, à l’image de la rocade et de la voie ferrée des Hauts-plateaux, de l’aéroport, et des pénétrantes ferroviaires et autoroutières vers nos ports.

Mesdames, Messieurs,

Les avancées enregistrées à Tiaret dans tous les domaines du développement ne sont qu’un exemple de tout ce qui se réalise, année après année à travers toutes les autres wilayas du pays, et vous, les travailleurs, avez été les témoins car ces avancées sont le fruit de votre labeur. Ces progrès, certes encore insuffisants, sont une source d’espoir pour tout notre peuple, de courage pour redoubler d’efforts afin de surmonter la nouvelle crise financière induite par la chute des prix du pétrole, et pour rejoindre le peloton des pays émergents.

L’Algérie possède les moyens des avancées qu’elle doit encore accomplir, et je l’ai souvent répété ces derniers temps. L’Algérie interpelle ses enfants pour mettre davantage en valeur ses atouts réels, et les travailleurs et les travailleuses sont de nouveau interpellés par ce nouveau défi. Ce défi exige la préservation de la paix sociale dans les entreprises et dans tous les espaces de travail afin que les efforts investis produisent tous leurs résultats en modernisation de l’outil de production et en progrès dans les réformes de l’environnement économique. Ce défi exige aussi l’amélioration de notre productivité et de notre compétitivité économique de sorte que nos entreprises résistent localement à la concurrence extérieure et que notre production parte à la conquête de marchés extérieurs. Ce défi exige également du patronat local de se mobiliser, aujourd’hui plus que jamais, pour accroître l’investissement dans tous les secteurs et le déployer ainsi, à travers tout le territoire national.

L’État est déterminé à accompagner la promotion de l’investissement national, et en partenariat par son soutien multiforme et par l’amélioration de l’environnement économique. Ce défi exige enfin que les pouvoirs publics préservent le pouvoir d’achat des citoyens par une action résolue contre toutes les formes de spéculation qui se manifestent sur le marché. C’est donc sur cette note d’espoir légitime que je conclue ce message en renouvelant mes félicitations aux travailleurs et aux travailleuses.

Je vous remercie.