JOURNEE INTERNATIONALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

 

Message

(Alger, lundi 2 mai 2005)

 

 

 

Notre célébration, aujourd’hui, de la presse et de la liberté de son exercice, n’est pas seulement, celle d’une profession car, au-delà de l’aspect strictement professionnel, il s’agit également, de rendre hommage à une fonction indispensable à la société.

 

Même si nous rendons, par cette célébration, hommage à la famille de la presse algérienne, hommes et femmes, en tant que famille active dans la vie publique nationale et partenaire au rôle indéniable dans l’édification de la démocratie dans notre pays, je voudrais saisir cette occasion pour rappeler, comme il est de coutume, que la liberté de la presse ou la liberté de l’expression en général, ne peut être conçue en dehors du sens de responsabilité.

 

Il n ’y a point d’honneur à une liberté d’expression dénuée de responsabilité basée sur le travail au service de la société et des individus, ni de considération à une profession qui s’éloignerait, dans son exercice, de l’esprit de sagesse, de pondération et d’objectivité.

 

L’Algérie s’est engagée irrévocablement dans la voie du pluralisme politique et ne déviera point de cette voie. Elle restera fidèle à cette démarche tout au long des étapes qui marqueront son œuvre pour l’édification d’une société où prévaut la démocratie, une société soumise à la suprématie de la loi.

 

Aussi, je ne saurais imaginer la famille de la presse algérienne autrement qu’œuvrant sans relâche, aux côtés des autres composantes politiques, sociales et culturelles de la société, à l’édification et à la propagation de la culture de la pratique démocratique dans tous les domaines et sur tous les plans.

 

Si nous devons, aujourd’hui, nous arrêter sur les importantes étapes franchies par l’Algérie, depuis l’indépendance, sur la voie de la rationalisation de sa presse, et sa mobilisation au service de son développement et son progrès, il apparaît clairement que, le pluralisme médiatique n’a eu de cesse de prouver véritablement son utilité pour la société et sa capacité à réunir les conditions nécessaires à la promotion, avec responsabilité, du rôle médiatique et éducatif de la presse nationale au service exclusif de la nation et du peuple algériens.

 

La famille de la presse étant un pôle majeur dans l’encadrement de la société et la formation de l’opinion publique, elle se doit de se doter d’organisations professionnelles à même d’assurer un travail sérieux et utile en vue de promouvoir le système médiatique pour le mettre au diapason des règles professionnelles qui lui permettraient de jouer pleinement son rôle dans la réalisation d’un projet social moderne.

 

Tout en félicitant, en ce jour, l’ensemble des travailleurs des organes de presse algériens, je leur fais part de ma considération pour les progrès qu’ils ont réalisés et pour leurs efforts à conférer à la presse nationale la place qui lui revient dans le processus de l’édification de l’Algérie moderne  et prospère à laquelle nous aspirons.

 

Je m’incline respectueusement et humblement à la mémoire de ceux qui ont milité, par leurs voix et leurs plumes, pour la libération de l’Algérie. Je m’incline également à la mémoire des victimes parmi les journalistes, hommes et femmes, assassinés par le terrorisme sauvage, leur seul tort étant d’avoir appelé à l’épanouissement et non à l’obscurantisme.

 

Afin que notre presse soit toujours entourée de respect et de considération, j’appelle les journalistes, hommes et femmes, à se conformer à la déontologie et à l’éthique de leur profession et à refuser que leur talents soient instrumentalisés à des fins visant à porter préjudice à l’Algérie et à ses intérêts suprêmes et à nuire à la réputation de ses valeureux serviteurs. Je les appelle à se consacrer, avant toute chose, au service de leur société, de ne point dévier de la vérité et de ne pas la dénaturer.

 

Les institutions nationales ne sont pas contre la liberté de la presse. Les problèmes de la presse et des journalistes proviennent des groupes d’intérêts politiques, économiques, financiers et criminels qui poussent les journalistes à contrevenir à la loi et à s’attaquer aux gens. Cela ne signifie pas que la presse doit taire les déviations des institutions et les dysfonctionnements des autres pouvoirs publics.

 

Le véritable sens de la liberté et de l’honnêteté de la presse ne donne pas le droit aux journalistes de s’ériger en juge et partie mais doit conduire à habiller leurs pratiques quotidiennes de valeurs morales, d’idéaux et principes de la société. Ils doivent œuvrer, de toutes leurs forces, à informer les citoyens de façon sincère, juste et objective.

 

Continuer à promouvoir une presse pluraliste, honnête et indépendante, est la meilleure des contributions que les pouvoirs publics doivent prodiguer aux organes de presse sérieux et utiles, en encourageant la création de davantage de publications dans le sens de la garantie du service public dans tous les genres d’information, en assurant l’expression des tendances de l’ensemble des catégories sociales, en satisfaisant leurs besoins en information, en levant tous les obstacles qui empêchent la transmission du message médiatique  et en assurant l’accès du public à l’information.

 

Je suis certain que la jeune presse algérienne est en phase de maturité et de maîtrise pour accomplir sa noble mission au service de l’Algérie et de son peuple. J’espère sincèrement qu’elle réussisse à réaliser les espoirs que nous fondons sur elle.