MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A L'OCCASION DE LA

JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU

 

Alger, samedi 22 mars 2008

 

 

Année après année, la pénurie mondiale d’eau s’aggrave. Pour plus d’un milliard d’hommes, l’accès à l’eau potable reste un combat quotidien et pour près de 2,4 milliards d’hommes, l’accès à l’assainissement demeure une gageure. Les maladies de l’eau représentent l’une des premières causes de mortalité dans les pays pauvres et elles emportent, chaque année, des centaines de milliers de vies humaines. Le changement climatique, la pollution des rivières et des réserves d’eau douce, la pression démographique, l’afflux de populations en zone urbaine aggravent cette situation. C’est une crise sanitaire, mais aussi politique dans de nombreuses régions du monde où les difficultés d’accès exacerbent le mécontentement et où les tensions sur le partage de l’eau menacent de dégénérer en conflits. Plus vulnérables, les enfants payent le lourd tribut de la crise mondiale de l’eau.

 

En cette Journée Mondiale de l’Eau, je souhaite dire à mes concitoyennes et concitoyens que l’Etat s’est résolument engagé à apporter des réponses concrètes à l’une des questions les plus déterminantes de notre temps : celle de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous.

 

En cette Journée Mondiale de l’Eau, je me dois de rappeler certaines de nos réalisations majeures au cours de cette année dans le domaine des ressources en eau : la mise en service des systèmes hydrauliques de Beni Haroun et du Taksebt et, d’ici quelques mois, celui de Mostaganem Arzew Oran, de la station de dessalement d’eau de mer du Hamma à Alger, ainsi que le lancement des mégaprojets de transfert des eaux de In Salah vers Tamanrasset et des hautes plaines sétifiennes.

 

L’Algérie est en train de gagner la bataille de la disponibilité de la ressource hydrique et elle s’engage avec, la même détermination, dans celle de sa gestion, de sa protection, de sa préservation et de son recyclage.

 

Cette année, les instances internationales ont placé la Journée Mondiale de l’Eau sous le thème « journée internationale de l’assainissement ». Cela dénote l’importance accordée à ce volet de gestion des ressources en eau qui garantit la préservation de l’équilibre écologique et l’amélioration du cadre de vie du citoyen.

 

En Algérie et durant de longues années, l’assainissement n’a pas constitué une priorité des politiques publiques en raison de la primauté accordée à l’alimentation en eau potable et de l’insuffisance des mécanismes et des moyens financiers consacrés à la gestion, l’exploitation et la maintenance des infrastructures de l’assainissement.

 

A la faveur de la dynamique impulsée depuis 1999 et des importants investissements consentis par l’Etat, une amélioration importante des paramètres de ce segment d’activités a été enregistrée. En effet, il est à noter une progression de plus de 80 % du linéaire national des réseaux d’assainissement, portant ce dernier à 38.000 km. Cela s’est traduit par une nette progression du taux de raccordement à l’égout, qui est passé à 86 %, dépassant ainsi les objectifs de développement du millénaire fixés par l’Organisation des Nations Unies.

 

Ces résultats ont permis de rendre marginal le recours au procédé désuet des fosses septiques qui font d’ailleurs l’objet d’une démarche visant leur complète éradication et leur remplacement par des systèmes modernes de collecte et de traitement des eaux usées, comme cela se fait à El Oued et Ouargla où ces deux agglomérations et leur agriculture étaient particulièrement menacées par la remontée des eaux.

 

Ce programme a également abouti à la réhabilitation de 20 stations d’épuration qui étaient à l’arrêt, la réalisation de 40 nouvelles et la construction de cinquante stations de lagunage.

 

La mise en service de ces infrastructures a permis de disposer d’une capacité installée d’épuration des eaux usées de 350 millions de m3/an. Ce chiffre passera dès 2009 à plus de 600 millions de m3/an (alors qu’il n’était que de 90 millions de m3/an en 1999), soit une capacité de traitement des rejets de l’ordre de 82 %.

 

Au-delà de l’amélioration de la qualité de vie du citoyen, ces quantités récupérées serviront à développer l’activité agricole tout en représentant un gain important en matière de ressources hydriques, soit la régularisation de dix barrages de moyenne capacité.

 

L’impact de ces réalisations en matière de santé publique est, lui aussi, de première importance. En effet, la mise en service des réseaux de collecte et de traitement des eaux usées en milieu urbain ou rural s’est toujours traduite par un net recul des maladies à transmission hydrique dont le nombre a diminué de 30 % de 2001 à 2007.

 

En matière de protection des villes contre les inondations, plusieurs projets ont été mis à exécution dont les plus significatifs concernent les travaux d’assainissement et de protection de la vallée du M’zab ainsi que ceux de la protection de la ville de Sidi-Bel-Abbès et de Tébessa, entre autres.

 

Ces efforts considérables et coûteux pour la collectivité nationale devront avoir pour corollaire une gouvernance éclairée, juste et efficace. Préserver la ressource et en rationaliser l’usage seront, à l’avenir, les maîtres mots de la politique nationale de l’eau.

 

J’appelle, une fois encore, les citoyennes et les citoyens, pour le bien des générations futures, à bannir les pratiques de gaspillage et de pollution et à adopter une démarche solidaire et responsable visant une économie durable de l’eau.

 

Nous sommes en train de relever, avec succès, ce défi majeur qui est le nôtre et aussi celui d’une grande partie de l’humanité, car l’accès à l’eau et à l’assainissement est un droit humain fondamental.

 

Abdelaziz Bouteflika